Définition :
Le renseignement sur la menace (Threat Intelligence) repose sur deux piliers fondamentaux et indissociables :
- la provenance de la menace et
- la profondeur de pénétration
Ces deux axes permettent de transformer des événements techniques bruts en connaissance exploitable.
1. Provenance de la menace :
La provenance vise à identifier d’où vient l’activité malveillante :
- origine réseau,
- infrastructure d’émission,
- contexte géographique,
- acteur ou écosystème d’attaque.
Elle répond à la question : d’où vient la menace.

Classification par comportement HTTP :
L’analyse ne se limite pas au volume.
Elle classe les événements selon leur signification opérationnelle :
OK (200 / 206)
Trafic légitime normal (pages servies, contenus partiels).CACHE (301 / 304)
Comportement attendu : redirections, cache navigateur / CDN, SEO.SUSPECT (403 / 404 / 405 / 501)
Scans, bots, erreurs d’URL, accès interdits, méthodes HTTP non autorisées.ERREUR (400 / 408)
Requêtes malformées, clients défaillants, timeouts, bruit ou attaques bas niveau.SUPPRIMÉ (410)
Ressource supprimée volontairement (nettoyage, anti-indexation persistante).SERVEUR (500 / 599)
Erreurs côté serveur ou infrastructure
(backend, proxy, PHP-FPM, base de données, surcharge).
Indicateur d’incident réel impactant la disponibilité.AUTRE
Non classé, sans signal exploitable.

Principe fondamental :
Le danger n’est pas l’URI.
Le danger est jusqu’où la requête est allée.
Cette vue privilégie l’origine et la nature de la menace plutôt que le simple volume de trafic.
2. Profondeur de la menace :
La profondeur mesure jusqu’où la menace a progressé dans le système :
- tentative bloquée,
- interaction applicative,
- exécution partielle,
- compromission effective.
Elle répond à la question : jusqu’où elle est allée.
Niveaux de profondeur :
STOPPÉ
Requête rejetée en amont par Apache
(parsing, ACL, règles de configuration).
Aucun routage, aucun accès fichier, aucun backend.
Bruit normal, sécurité intacte.ROUTÉ MAIS ABSENT
Requête comprise et routée par Apache, mais la ressource n’existe pas.
Aucun handler effectif, aucun backend.
Scan superficiel, impact nul.BACKEND TOUCHÉ
Requête transmise au handler (PHP-FPM), mais refusée proprement
(script inconnu, chemin invalide, protection active).
Seuil critique atteint, isolation testée et fonctionnelle.ÉCHEC DE SÉCURITÉ
Code applicatif exécuté ou backend compromis
(erreur PHP fatale, exécution effective, réponse 200 inattendue).
Incident de sécurité réel – action immédiate requise.AUTRE
Événements non classés ou bruit résiduel sans impact identifiable.

Conclusions :
Le renseignement sur la menace ne consiste pas à empiler des logs.
Il consiste à qualifier, corréler et hiérarchiser les événements pour :
- anticiper les attaques,
- détecter précocement,
- réagir efficacement,
- prendre des décisions stratégiques et opérationnelles.
Ce n’est pas de la donnée.
C’est de la connaissance actionnable.
La réalité de l’Internet mondial est aujourd’hui bien établie : seule une fraction marginale du trafic observé peut être considérée comme pleinement légitime et cette proportion demeure remarquablement constante dans le temps.
L’analyse présentée sur cette page illustre clairement ce constat. La majorité des flux réseau recensés relèvent de comportements suspects, qu’il s’agisse de scans automatisés, de tentatives d’énumération, de recherches de vulnérabilités ou d’activités opportunistes émanant d’infrastructures distribuées à l’échelle mondiale.
Ce déséquilibre structurel entre trafic légitime et trafic hostile rappelle une évidence opérationnelle : l’Internet n’est pas un environnement neutre par défaut. Il constitue un espace continuellement exploré, sondé et exploité, où l’exposition d’un service implique mécaniquement une surface d’attaque active.
Dans ce contexte, le renseignement sur la menace (Threat Intelligence) ne relève plus de l’anticipation théorique, mais d’une nécessité opérationnelle, permettant de qualifier les événements, d’élever le niveau de compréhension et d’adapter les mécanismes de défense de manière rationnelle et mesurée.